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Coups de Bulles en Été – L’actualité BD

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Bienvenue dans ces Coups de Bulles du mois de Juin. Comment?! Du mois de Juillet?? De la mi-Juillet même?? Vous êtes sûrs?? Bigre. Votre serviteur prétexterait bien un enlèvement par des Raëliens, par des anciens du KGB ou –plus agréable- par un car de Suédoises, mais il préfère être carrément honnête et avouer un total défaut d’organisation quand tout lui tombe sur la tronche en même temps. Heureusement que les vacances arrivent… Voici d’ailleurs de quoi les occuper s’il vous manquait des idées!

catalyse_couv_lq« Catalyse »
Pierre-Henry Gomont
Manolosanctis
20 x 27 cm
112 pages

www.manolosanctis.com
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Quoi de mieux quand on est en vacances que de lire une BD sur… le monde de l’entreprise? Lionel est auditeur financier pour un cabinet anglo-saxon. Et, oui, il trouve lui aussi que c’est un taf de merde. Enfin, c’est au moins une bonne planque qui lui permet de payer le loyer sans trop se fouler (il n’y connaît rien en compta et se contente de suivre le manuel) et qui lui laisse d’autant plus le temps de rêvasser à Céline, sa colloc, dont il est secrètement amoureux et dont il espère que c’est réciproque. Ce quiproquo sentimental va pourtant finir par empiéter sérieusement sur la « qualité » de son travail et l’obliger à faire équipe avec Simon, qui semble faire ce métier pour des raisons bien différentes des siennes. La petite existence fade et falote de Lionel vire soudainement au thriller politico-financier. Pierre-Henry Gomont maîtrise parfaitement son sujet puisqu’il a lui-même travaillé pour un grand cabinet d’expertise étranger. Son dessin est classique mais efficace, tout comme l’intrigue de « Catalyse ». L’auteur est particulièrement fort pour ancrer son récit dans le réel, avec moult détails de notre quotidien d’employé modèle (espionnage de la vie d’autrui sur Facebook, glande sur le jeu de Réussite du PC, etc.). Il excelle aussi dans ses descriptions de zones industrielles qui rendent l’atmosphère de ce one-shot véritablement glauque et oppressante. Une réussite!

plageman_couv« Plageman, l’Homme-plage »
(tomes 1 & 2)
Guillaume Bouzard
6 Pieds Sous Terre
21×27,5 cm
64 pages

www.pastis.org
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Oubliez l’ordi qui plante avant la sauvegarde, la machine à café en panne le même jour que votre réveil, ou le petit chef incompétent qui passe ses nerfs sur vous. C’est les vacances, tout va bien: vous aurez bientôt votre mètre carré et quelque de sable fin et pollué sur une plage bondée de corps adipeux et luisants, flanqué de touristes rougeauds et tonitruants, où la moindre gaufre coûte au bas mot deux jours de salaire. Le bonheur, quoi. Ah, vous auriez bien besoin de Plageman l’Homme-plage, tiens! Coup de bol, les éditions 6 Pieds Sous Terre rééditent les aventures de ce super-héros pas comme les autres. Plageman est la terreur des campings, qui a dédié sa vie à la lutte contre les beaufs plus costauds que lui. Les amateurs d’humour à la Fluide Glacial devraient donc se régaler avec ces deux albums signés Bouzard (on avoue même une préférence pour le tome 2, encore plus pathétiquement drôle).

ace-face-couv1« Ace-Face/Les aventures de Jack et Max »
Mike Dawson
Ca et Là
16,5 X 22 cm
140 pages

www.caetla.fr
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Dans la famille super-héros de bas étage, voici quelques autres spécimens d’envergure: Ace-Face, le Mod aux bras de Métal, fan ultime des Who, pourfendeurs des super-vilains fans de rock’n’roll, et Jack & Max, les deux frangins qui utilisent leur super-pouvoirs pour rendre super-dingues leurs super-parents. On conseillera par conséquent cet album double de Mike Dawson aux fans du genre, même s’il est traité avec un grand décalage. Le récit par épisodes très courts –et donc fatalement décousu- peut rendre la lecture plus chaotique pour le néophyte. Hormis quelques bons sketches, « Ace-Face » nous a donc laissé un peu sur notre faim. Les bêtises de « Jack & Max » se prêtent mieux à ce type de narration. Que vous ayez des super-pouvoirs ou non, la lecture des mauvais tours de ces deux loustics devrait quand même vous inciter à faire super-attention avant de faire une super-connerie avec n’importe qui après la teuf super-arrosée du camping.

lomax_couv« Lomax, collecteurs de folk songs »
Frantz Duchazeau
Dargaud
21 X 28 cm
120 pages

www.dargaud.com
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En bon lecteur de Mowno, il est fort à parier que vous aurez du mal à tenir toutes les vacances sans écouter de la musique. Si votre iPod craint le sable, vous pourrez toujours lire « Lomax, collecteurs de folk songs », très belle bande dessinée sur John (le père) et Alan (le fils) Lomax, deux ethnomusicologues –même si le terme n’existait pas encore- qui sillonnaient le Vieux Sud ségrégationniste des années 30 pour compiler les blues et les folk songs de la communauté noire. Cet album permet d’apprécier l’avant-gardisme des Lomax, ou tout au moins leur flair, puisqu’ils étaient peu nombreux à l’époque à deviner l’influence (et donc l’intérêt) de ces chansons sur la culture américaine. Le dessin charbonneux de Duchazeau sied parfaitement à son récit où de vieux blues déglingués résonnent à chaque page qui se tourne. Absolument passionnant!

chant-de-la-machine_couv« Le Chant de la Machine »
David Blot & Mathias Cousin
Manolosanctis
17 X 24 cm
192 pages

www.manolosanctis.com
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Il est minuit, c’est l’heure d’aller bouger son body dans les Clubs de la Côte. Mais rien n’empêche de danser intelligent. Grâce à cette réédition de « Le Chant de la Machine », vous saurez tout sur l’histoire des musiques électroniques. La première partie –au dessin très inspiré par Robert Crumb- est une formidable rétrospective musicale des cinquante dernières années qui explique de façon limpide comment on est passé de la disco à la house et à la techno. Tout y est: les nights-clubs légendaires, les DJs pionniers, les morceaux cultes, les villes marquantes, etc. Cette première partie est une lecture obligatoire pour quiconque s’intéresse un minimum à l’histoire des musiques du 20ème siècle (sans forcément être un fana d’électro). La seconde partie est plus originale, mais aussi plus inégale. On a par exemple été moins client du chapitre un peu cliché sur les drogues synthétiques. Mais l’histoire de Stanley Rose et l’interview de Jim (deux personnages inventés par les auteurs à partir d’acteurs réels de la scène) sont d’excellentes trouvailles qui évitent justement l’hagiographie d’un mouvement qui a souvent tendance à oublier son histoire. Je danse, donc je suis.

fetedesmorts_couv« Fête des morts »
Stéphane Piatzszek & Olivier Cinna
Futuropolis
21,5 x 29 cm
104 pages

www.futuropolis.fr
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Si vous êtes en vacances au Cambodge, on vous déconseille ce livre. Serge est un flic français, dont l’enquête sur les milieux pédophiles l’a mené dans les villages à touristes où se tapit la vermine déviante en maraude près des orphelinats. La moiteur du climat et les atrocités auxquelles Serge est exposé vont finir par lui faire péter une durite. Le vieux flic buté décide alors d’aller jusqu’au bout de l’horreur, quitte à se salir les mains. Les jeux d’ombre du dessin noir & blanc d’Olivier Cinna sont superbes et contrebalancent heureusement un peu la rudesse du propos. Certaines scènes mettent ainsi véritablement mal à l’aise, quand elles ne donnent pas simplement envie de tirer à vue. Comme Serge. « Fête des morts » ferait sans aucun doute un très bon film noir, surtout si ce n’est pas Luc Besson qui produit.

ca-ne-coute-rien_couv« Ça ne coûte rien »
Sylvain Saulne
KSTR
20 x 27 cm
136 pages

bd.casterman.com
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Puisqu’on est en Asie, restons dans la région. Pierre est sur le point de toucher un héritage conséquent. Il en profite donc pour découvrir la Chine, nouvel El Dorado capitaliste pour occidental argenté. A peine arrivé, il est aussitôt happé par la société de surconsommation dans laquelle se vautrent tous ses nouveaux amis expatriés. C’est la vie de pacha: tous les plaisirs sont à portée de portefeuille. Pourtant, comme l’héritage tarde à arriver, Pierre se doit de réduire son train de vie. De plus en plus. Jusqu’à jouer dangereusement avec sa santé physique et mentale. Sylvain Saulne connaît bien la Chine (il y vit depuis plus d’un an) et son analyse du comportement des expatriés occidentaux est très fine. Quand son héros commence à réfléchir avec son ventre, le monde extérieur s’en trouve complètement chamboulé (y compris de manière très visuelle dans l’album), c’est une des très bonnes idées du livre. On découvre alors deux pans de la société chinoise, comme les pile et face d’une même pièce. Pierre était venu pour découvrir une autre culture et, au final, il en aura sans doute davantage appris sur lui-même que sur les Chinois. Un véritable voyage, par conséquent.

comment-compendre-israel_co« Comment comprendre Israël en 60 jours (ou moins) »
Sarah Glidden
Steinkis
17 X 24 cm
208 pages

www.steinkis.com
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Voici un autre voyage qui aura conduit vers une destination inattendue. Sarah Glidden, une jeune New-yorkaise, s’apprête à partir pour Israël en voyage organisé dans le cadre du Taglit (programme mondial organisant des séjours de 10 jours en Israël pour les jeunes juifs qui ne l’ont jamais visité). La jeune femme a des opinions plutôt à gauche et se prépare donc fermement pour ne pas trop subir la propagande sioniste. Pourtant, au fur et à mesure du voyage, Sarah comprend que tout est beaucoup plus compliqué que ce qu’elle avait imaginé de l’extérieur, malgré toutes ses lectures sur le sujet. Le conflit israélo-palestinien a déjà donné naissance à d’excellentes bandes dessinées mais qui épousent rarement le point de vue israélien. Comme Sarah, on redoutait un peu un album très orienté politiquement, on en a d’autant plus apprécié ce « Comment comprendre Israël en 60 jours (ou moins) » qui confronte plusieurs sensibilités, sans jamais essayer d’en imposer une au lecteur. Ce carnet de voyage nous laisse avec davantage de questions encore, mais c’est probablement plus sain que de le refermer sur une seule et unique certitude.

un-hiver-de-glace_couv« Un hiver de glace »
Romain Renard
Rivages/Casterman/Noir
18,5 x 26 cm
104 pages

bd.casterman.com
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Quitte à plomber l’ambiance estivale, autant y aller à fond. On vous parlait la dernière fois ici de la collection Rivages/Casterman/Noir, qui a refait des siennes depuis avec cette adaptation d’ »Un Hiver de Glace » de Daniel Woodrell par Romain Renard. Comme d’habitude, on retrouve l’excellence graphique qui fait la réputation de la collection. Le dessin de Renard est âpre, sombre, coupant. Exactement ce qu’il fallait à cette histoire. La vie de Ree Dolly n’est pas celle dont rêve habituellement une jeune adolescente de seize ans: un père en taule, une mère qui n’a plus toute sa tête, deux petits frères à élever, et une région –Ozark Mountains, Arkansas- pas exactement touristique. Surtout cet hiver où le froid glacerait presque les doigts du lecteur. Un jour, le shérif débarque et annonce à Ree que son père a eu la bonne idée d’hypothéquer la maison familiale pour payer sa caution. Sauf que plus personne ne l’a revu depuis, et que s’il ne se pointe pas à son procès la maison sera saisie et la famille expulsée. Ree décide donc de retrouver son père, mort ou vif. Quitte à aller poser des questions à des gens qui n’ont pas envie d’y répondre… On vous aurait bien dit que cette histoire ferait un grand film, mais la réalisatrice Debra Granik nous a déjà devancé l’an dernier avec son très bon « Winter’s Bone » (meilleur scénario au festival de Sundance 2010, prix du jury au dernier festival du cinéma américain de Deauville, nominé aux Oscars).

marmelade_couv« Un amour de Marmelade »
Olivier Supiot
Glenat
20 x 27,3 cm
128 pages

www.glenatbd.com
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« Un amour de Marmelade » multiplie lui aussi les clins d’œil cinématographiques. On imagine ainsi qu’Olivier Supiot connaît la filmographie de Tim Burton sur le bout des pinceaux (son méchant La Cagoule ressemble à s’y méprendre à Oogie Boogie dans « L ‘étrange Noël de Monsieur Jack »). Mais le dessinateur angevin s’amuse avec des tas d’autres influences qui vont de la littérature d’aventure du 19ème siècle (Verne, Dickens, etc.) aux peintres impressionnistes, en passant par les comics de super-héros. Suite à une expérience scientifique qui a mal tourné, le savant Louys Cazaviel est devenu Marmelade, un être gélatineux et verdâtre. Accusé de son propre meurtre, Marmelade va devoir prouver son innocence. Le scénario d’ »Un amour de Marmelade » respecte les codes de ce genre d’histoires, ce n’est donc peut-être pas de ce côté-là qu’il faut chercher le talent de Supiot (et encore, l’histoire est loin d’être bâclée) mais plutôt dans ses peintures absolument magnifiques. Ses vues de Lutetia en flammes mériteraient des très grands formats et son maniement des couleurs donne à cette aventure un peps évident. Un livre qu’on se surprend à refeuilleter pour le simple plaisir des yeux…

90-autres-livres_couv« 90 autres livres cultes à l’usage des personnes pressées »
Henrik Lange
Ca et Là
12×18 cm
196 pages

www.caetla.fr
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C’est presque devenu un classique des Coups de Bulles (voir ici et ). Henrik Lange remet le couvert et résume 90 autres livres en 3 cases chrono. Bien sûr, l’effet de surprise ne joue plus en sa faveur et c’est donc plus difficile de s’enthousiasmer comme au premier tome, tout comme ça lui devient plus compliqué de trouver des grands classiques que tout le monde a lus, mais il reste encore quelques trouvailles hilarantes (cf. les résumés d’ »En attendant Godot » ou « Œdipe Roi »). Peut-être pas le plus essentiel des trois volumes donc, mais les complétistes peuvent tout de même se rendre chez leur libraire préféré, ils y trouveront bien de quoi rigoler un brin.

Bonne lecture et à la rentrée (qui a dit en Décembre?!)


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