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Coups de bulles en Mars – L’actualité BD

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« Oh! hé! hein! bon! » vous aurait répondu Nino Ferrer. Oui, on sait, on est encore à la bourre pour nos Coups de Bulles. Mais moins que le mois dernier. Et plus que le mois prochain. Enfin, normalement. Et en plus, vous allez râler parce qu’on n’a pas grand-chose pour vous ce mois-ci. Mais comme le dit le vieil adage, c’est pas la taill… euh, la quantité qui compte, mais la qualité. Et là, vous serez servis!

skins_party_couv« Skins Party »
Timothé Le Boucher
Manolosanctis
19 x 27 cm
112 pages

www.manolosanctis.com
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Si vous n’avez jamais entendu parlé des Skins Party, c’est que vous êtes probablement trop vieux. Vous inquiétez pas, moi aussi. A priori, une skins party (en hommage à la série TV britannique « Skins ») est une énorme fête où les djeun’s d’aujourd’hui refusent toute limite: ils se mettent donc la tête avec tout ce qui passe, testent leur sexualité dans tous les sens, tentent des trucs pas possibles niveau habillement/déguisement, provoquent à tout va, etc. etc. Qui a dit: « Mais ça pourrait faire une définition possible de l’adolescence, non?« . Peu importe. Le fait est que ça a donné un très bon prétexte à Timothé Le Boucher, jeune auteur révélé par Manolosanctis, pour signer une des plus remarquables BD de ce début d’année. Malgré ses 23 ans, Le Boucher maîtrise parfaitement le récit de son album, découpant l’histoire en plusieurs chapitres qui voient un nouveau participant de la soirée devenir le narrateur d’une sous-intrigue. Chaque protagoniste, happé par des événements qu’il ne contrôle guère, apporte donc ses clés à la compréhension globale de la soirée. Un peu comme lorsque vous faites le debriefing d’une soirée trop arrosée le lendemain avec vos potes. Sauf que ça finit rarement aussi mal. Le dessin est assez classique mais finalement le ton général du livre suffit amplement à le démarquer de la masse, pas la peine de grossir le trait. Et bien sûr tous ces fluo-kids ont déteint sur les couleurs de cet album. Probablement un des meilleurs titres sortis chez Manolosanctis à ce jour.

rioloco_couv« Les voyages de Juan Sans Terre Vol. 3: Rio Loco »
Javier de Isusi
Rackham
17 x 24 cm
192 pages

www.editions-rackham.com
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Quand on a reçu ce livre et qu’on a vu « volume 3″ sur la couverture, on s’est dit qu’on n’en parlerait probablement pas, étant donné qu’on avait jamais entendu parler des deux premiers tomes. Quand on a refermé la dernière page, on s’est dit que non seulement on allait en parler mais qu’en plus on allait foncer s’acheter les deux premiers en attendant fébrilement que le quatrième et dernier tome sorte. Pourtant sur le papier, ce n’était pas gagné d’avance. Vascos, le personnage créé par Javier de Isusi, a en effet des faux airs de Corto Maltese, et les vadrouilles du héros de Hugo Pratt n’ont jamais trouvé de très grands échos par chez nous (du coup, peut-être devrions-nous lui redonner une chance?). Or, cette pérégrination au milieu de la jungle brésilienne à la recherche d’un disparu, dont personne ne sait même s’il est encore vivant, est absolument captivante. Javier de Isusi pimente son récit plein de rebondissements d’intelligentes réflexions philosophiques et politiques (sur l’impérialisme nord-américain vis-à-vis du sud du continent) qui donnent donc plusieurs dimensions à ce livre. Qui Vascos cherche-t-il réellement dans cette jungle hostile au péril de sa vie? Son ami disparu? Lui-même? Une certaine innocence? Sans apporter de réponses toute faites, l’auteur espagnol suscite beaucoup d’interrogations en filigrane de ce roman d’aventures. Son trait rend également à merveille la moiteur et l’oppression de la jungle, qui devient presque une métaphore des démons intérieurs de Vascos au fur et à mesure de son périple. Une très belle surprise…

branleurs_couv« Branleur(s) »
Jules & Tom Fradet
Manolosanctis
19 x 27 cm
72 pages

www.manolosanctis.com
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Laurent et Allan étaient potes d’enfance. Ils ne se sont plus vus depuis dix ans. Après le divorce de ses parents, Laurent revient vivre à Nantes et retrouve donc son vieux compère. Les deux post-ados ont pris des chemins très différents (Allan est devenu rocker, avec creepers aux pieds, etc., Laurent plutôt rêveur romantique à tendance onaniste) mais pourtant leur amitié reprend comme s’ils s’étaient quittés la veille. Les 400 coups également. « Branleur(s) » diffuse donc une atmosphère mi-détachée mi-attachante qu’ont souvent les best-sellers de Manu Larcenet, influence revendiquée des frères Fradet. Cette succession de sketches, souvent très drôles, donne au final un joli aperçu de la vie des ados en province, long fleuve tranquille seulement perturbé par les filles à qui on ne sait pas parler, le hash des autres, et la vie d’adulte qui t’attend dans pas longtemps. Au départ pensé comme un one-shot (malgré une fin au goût justement d’inachevé), cet album devrait finalement connaître une suite qu’on attend avec impatience. Les fans des films de trentenaires nostalgiques (Klapisch & Cie)  peuvent y aller en toute confiance.

archedenoe_couv« L’Arche de Noé a Flashé Sur Vous »
Chloé von Arx & Charles Masson
Futuropolis
19,5 x 26,5 cm
128 pages

www.futuropolis.fr
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Ce n’est pas à Mowno qu’on vous dira le contraire, Internet a changé beaucoup de choses dans nos vies. Bien souvent, on attend de la Toile qu’elle nous trouve la solution à tous nos problèmes. Léa, jeune et jolie décoratrice, se connecte ainsi tous les soirs à Meetic pour trouver l’âme sœur. Pas facile de faire le tri entre tous ces prédateurs mâles, aussi subtils dans la drague qu’ils sont forts en orthographe. Léa finit néanmoins par se laisser tenter par Noé qui sort un peu du lot. Sauf que Noé va un peu vite en besogne. Et que ses potes sont extrêmement lourds. Sur le papier, « L’Arche de Noé a Flashé Sur Vous » a tout de la comédie romantique avec Hugh Grant dans le rôle masculin. Pourtant, la façon dont Chloé von Arx traite le sujet vire rapidement au malaise qui va crescendo au fur et à mesure qu’on avance dans la relation du couple. Jusqu’où est-on prêt à s’oublier pour fuir le solitude et correspondre au schéma de perfection sociale qu’on nous impose chaque jour? Chloé von Arx et Charles Masson n’apportent justement pas de vraie réponse avec cette non-fin (doit-on attendre une suite? apparemment pas…) dont on ne sait pas trop si c’est le point fort (on évite le cliché) ou le point faible (comme un goût d’inachevé) de ce livre. On va chercher la réponse sur le Net.

luluabourg_couv« Luluabourg T.1″
Nicolas Pitz
Manolosanctis
19 x 27 cm
88 pages

www.manolosanctis.com
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Autant vous prévenir de suite, la lecture du premier tome de « Luluabourg » n’est pas une partie de plaisir. L’ambiance est à l’image des couleurs choisies par Nicolas Pitz: sombre, très sombre. Entre les deux guerres, en Belgique, Yvon vit seul avec son père bûcheron. Le quotidien est rude, entre le travail et les roustes. Yvon s’évade souvent en rêvassant, réglant virtuellement ses comptes avec ce père autant qu’il essaie de lui dire qu’il a besoin de lui. Un jour, c’est le clash de trop. Yvon s’enfuit dans la forêt, tandis qu’au loin la guerre éclate. C’est le début d’un long voyage initiatique qui le mènera vers des horizons insoupçonnés. On met du temps à s’adapter au climat de ce livre étouffant (presque tout l’album à dire vrai), mais bizarrement, une fois refermé, on a hâte de connaître la suite de cette trilogie. Et c’est bien là le principal.

Bonne lecture et au mois prochain !


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